Nouveau roman : Mademoiselle

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon nouveau roman : Mademoiselle.

Accompagnez Louise, plus connue sous son surnom de Mademoiselle, au long de 216 pages. Seuls intéressent cette Parisienne insatisfaite ses amies, les sorties, le sexe parfois un peu cru. Elle est snobe, mais elle veut juste vivre son adolescence. Elle connaît quelques plaisirs, mais elle n’est pas heureuse : elle a l’impression qu’un autre bonheur, plus grand, existe ailleurs.
Nous la suivons au cours de son année de Terminale ES : au milieu du fourmillement lycéen, Mademoiselle se penchera un temps sur le parcours singulier de son professeur de philosophie. Un voyage la marquera profondément, la sortant provisoirement de sa torpeur. Mais quoi qu’elle fasse, quoi que ses proches fassent, elle s’enferme progressivement dans un monde inconsistant.

Je l’ai mis à 9,99€, parce qu’un livre neuf ne devrait pas coûter plus de 10€.

Le premier chapitre est disponible à la lecture sur https://www.bod.fr/librairie/mademoiselle-hubert-camus-9782322161256

Le livre papier est disponible à la commande en cliquant ici.

Les adeptes du numérique sont évidemment choyés, vu le thème du roman, avec un prix de lancement à 1,99 € avant son prix définitif de 5,49 € en cliquant ici.

 

Le référencement Amazon, Fnac etc. est désormais effectué, de même pour les commandes en librairie.
Editions Books on Demand (BoD)

Publicités

Scarron fratricide | 1ère partie

Scarron fratricide

Édition de référence : Scarron, Le Roman comique, édition de Jean Serroy, Paris, Gallimard, 2018 [1985, 1651 et 1657], 409 pages.

On se souvient que Scarron, né en 1610, est le septième de huit enfants et que de cette généreuse fratrie, seuls trois survécurent : Anne, Françoise et Paul. Orphelin de mère à l’âge de trois ans, il souffrira les brusqueries de sa belle-mère qui préférait ses propres enfants. On se souvient tout autant que dans son œuvre demeurée la plus célèbre, le statut de frère y est précaire : les uns après les autres, ils subissent une hécatombe qui semble n’épargner personne. Sans oublier la forte mortalité infantile de l’époque, il est significatif de constater combien de frères sont présentés dans Le Roman comique (1651 pour la première partie, 1657 pour la deuxième, la troisième ayant disparu avec la mort de l’auteur) pour que le narrateur les mette à mort quelques Lire la suite

Scarron fratricide | 2e partie

Accéder à la première partie de l’article

Les frères dans les nouvelles espagnoles

Scarron a intercalé dans son roman plusieurs nouvelles qu’en bon hispanophile, il a tiré de la littérature ibérique. Deux nous intéressent dans leur rapport au frère : Le juge de sa propre cause (seconde partie, chapitre 14, pages 258 à 289) et bien sûr Les deux frères jumeaux (seconde partie, chapitre 19, pages 309 à 333), tirées respectivement de Maria de Zayas (1634) et Castillo Solorzano (1640). Dans la première nouvelle nous suivons l’histoire de Sophie, Espagnole enlevée par un Maure. Elle commence son récit au procès de son ravisseur par ces mots : « J’eus un frère plus jeune que moi d’une année ; il était aimable autant qu’on le pouvait être ; il m’aima autant que je l’aimai » (262). L’amour, au vrai, Lire la suite

Écologie : de la responsabilisation à la culpabilisation du citoyen

Il y a quelques années, il n’y a encore pas si longtemps, les citoyens étaient responsabilisés dans leur rapport à l’écologie. On nous apprenait les bons gestes, les petits gestes : en quittant une pièce, on éteint la lumière. On évite de laisser la télévision en veille : « Ça tue les ours », disait-on alors. En se brossant les dents on ne laisse pas couler l’eau, cet « or du XXIe siècle »…
Cela n’a duré qu’un temps, c’est-à-dire que cela n’a pas duré. Le vrai problème vient des industries, qui polluent massivement et consomment tout autant. Ce n’est pas en débranchant le téléphone une fois chargé qu’on sauvera la planète. Ces « petits gestes » partent peut-être d’une bonne intention mais enfin, ils ne servent pour ainsi dire à rien. Alors on les a progressivement abandonnés. On peut continuer de les appliquer par habitude, mais le discours public ne les promeut guère plus.
Aujourd’hui, ce discours ne vise plus à responsabiliser le citoyen : il est culpabilisé.  Le « petit geste » n’est plus celui qui contribue à faire le bien : il fait du mal. On ne nous engage plus à éteindre ou à couper ; on nous ordonne de ne pas jeter notre mégot ou du plastique n’importe où, qui contribuent à la pollution planétaire.
Une chose n’a pas changé dans ce discours écologique : chaque geste compte.

Portrait #18 – Le portrait impossible

Des milliers de portraits. C’est ce qu’il faudrait faire. Des milliers – et ce serait encore terriblement insuffisant.

Des milliers de portraits pour commencer la galerie des portraits du Cambodge, pour tenter de rendre compte d’une parcelle minuscule de ce qu’on y voit. Parce que Phnom Penh est d’une richesse et d’une générosité rares. Ou alors parce qu’il est plus facile d’ouvrir les yeux lorsqu’on n’est pas chez soi.

Il faudrait faire le portrait de chaque visage, de chaque personne, de chaque propos, de chaque feuille de palmier. Évidemment c’est impossible mais comment ne pas tenter, ici et ailleurs, de commencer l’ouvrage ?

Il est un autre portrait impossible à brosser : Lire la suite

Ellis Island européen

On les a laissés mourir par milliers dans la mer. La mer qui charriait leurs corps, en avalait d’autres. On le savait. On s’émouvait, à l’occasion, d’un Aylan. Un peu à cause de l’horreur de telles images. Un peu pour se donner bonne conscience. Parce qu’on sait que ces images existent, qu’elles sont continuellement réalisées – mais pas toujours fixées par un appareil photo. Passé le choc, on les laisse mourir sans plus y penser.

Les choses ont changé. Depuis quelques semaines, des navires humanitaires croisent dans la Méditerranée. On pourrait s’en réjouir : ils sont infiniment moins dangereux que les coques de noix surchargées. Et si c’était pire ?

Que sont ces bateaux ? Un intermédiaire de plus avant l’Europe désirée. En échange de la sécurité, qu’offre-t-on aux migrants1 ? Davantage d’attente. Ces bateaux sont les représentants d’un Ellis Island européen. Comme à la porte de New York on les contrôle, on les trie avant de les accepter – ou non – sur le continent. Cet Ellis Island, notre Ellis Island est pire encore : c’est une île mobile. On les laisse dériver avant de discuter du port qui les accueillera, des pays qui les accepteront.

I would prefer not to

1J’insiste sur le terme migrants. Sur le bateau ils ne sont ni immigrants ni émigrés : ils sont en train de migrer.

Revoir Virginie

J’ai revu Virginie.

Virginie, ou plutôt : la Mort de Virginie, tableau de James Bertrand. J’avais rencontré son visage en septembre ou octobre. Lorsque je suis retourné le voir, il s’était dérobé. J’ai parlé de cette torpeur dans un article que La Nouvelle République a bien voulu publier :

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/le-visage-de-virginie

Et puis je l’ai revue, grâce aux bons soins de toute l’équipe du musée-hôtel Bertrand de Châteauroux. J’en rends compte dans un autre petit article, que le musée me fait l’honneur de publier :

#expo : Guernica genesis au musée Picasso

Guernica Genesis, ou « Guernica » sans Guernica

Cette semaine, je suis allé deux fois au musée. Grande première : dans l’un et l’autre cas, je me déplaçais pour une toile en particulier.

Ce fut d’abord le musée Bertrand de Châteauroux. Après bien des louvoiements, il s’est avéré que la toile qui me hantait avait été décrochée (je traite de cette déconvenue en page Dialogue de La Nouvelle République, édition à paraître le 25 avril). Puis ce fut le musée Picasso : j’ai tressailli en apprenant le début de l’exposition « Guernica ». Je m’y suis rué.

Les documents et œuvres sur et autour de Guernica se multipliaient sous mes yeux, replaçant l’œuvre maîtresse dans son contexte. Mais rien à faire : je ne trouvais pas le clou. Où avait-il été caché ?

Renseignements pris, Lire la suite

BRÈVE Cinéma | Le 15h17 pour Paris


J’ai trouvé dans Le 15h17 pour Paris ce que j’y cherchais, ce que j’en attendais. Nous n’étions pas d’accord avec C… : elle ne voulait pas voir la version Hollywood de cet événement, je voulais voir ce que l’industrie étasunienne en avait fait. J’y ai trouvé ce que j’en attendais.

Dès la bande-annonce j’ai craint l’héroïsation du soldat. Il l’est. Il n’y a pas que cela : il est aussi question dans le nouveau film de Clint Eastwood de voyage et d’amitié. Et avant d’être héroïsé comme soldat, on suit la volonté de servir d’un homme. Le scénario est hollywoodien en cela ; la réalisation est hollywoodienne dans les (rares) passages dans le train.
On pourra regretter l’insistance sur le fait que cet homme voulait sauver des vies. On pourra regretter que le soldat en tant que soldat apparaisse trop comme héros. Mais on ne peut pas le reprocher à un film hollywoodien : on s’y attend. À ce titre, et selon ses critères, le film est réussi.

Expo | Degas Danse Dessin au musée d’Orsay

C’est entendu : Degas n’a plus à être présenté. Alors pourquoi en parler ?

Son œuvre transcende les descriptions et les adjectifs. Alors comment en parler ?

Il faut louvoyer ; l’exposition Degas Danse Dessin, actuellement présentée au Musée d’Orsay, sera notre prétexte.

Ce n’est pas parce qu’un artiste est connu qu’on sait tout de lui. Au contraire, peut-être : plus Lire la suite