Ellis Island européen

On les a laissés mourir par milliers dans la mer. La mer qui charriait leurs corps, en avalait d’autres. On le savait. On s’émouvait, à l’occasion, d’un Aylan. Un peu à cause de l’horreur de telles images. Un peu pour se donner bonne conscience. Parce qu’on sait que ces images existent, qu’elles sont continuellement réalisées – mais pas toujours fixées par un appareil photo. Passé le choc, on les laisse mourir sans plus y penser.

Les choses ont changé. Depuis quelques semaines, des navires humanitaires croisent dans la Méditerranée. On pourrait s’en réjouir : ils sont infiniment moins dangereux que les coques de noix surchargées. Et si c’était pire ?

Que sont ces bateaux ? Un intermédiaire de plus avant l’Europe désirée. En échange de la sécurité, qu’offre-t-on aux migrants1 ? Davantage d’attente. Ces bateaux sont les représentants d’un Ellis Island européen. Comme à la porte de New York on les contrôle, on les trie avant de les accepter – ou non – sur le continent. Cet Ellis Island, notre Ellis Island est pire encore : c’est une île mobile. On les laisse dériver avant de discuter du port qui les accueillera, des pays qui les accepteront.

I would prefer not to

1J’insiste sur le terme migrants. Sur le bateau ils ne sont ni immigrants ni émigrés : ils sont en train de migrer.

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Revoir Virginie

J’ai revu Virginie.

Virginie, ou plutôt : la Mort de Virginie, tableau de James Bertrand. J’avais rencontré son visage en septembre ou octobre. Lorsque je suis retourné le voir, il s’était dérobé. J’ai parlé de cette torpeur dans un article que La Nouvelle République a bien voulu publier :

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/le-visage-de-virginie

Et puis je l’ai revue, grâce aux bons soins de toute l’équipe du musée-hôtel Bertrand de Châteauroux. J’en rends compte dans un autre petit article, que le musée me fait l’honneur de publier :

BRÈVE Cinéma | Le 15h17 pour Paris


J’ai trouvé dans Le 15h17 pour Paris ce que j’y cherchais, ce que j’en attendais. Nous n’étions pas d’accord avec C… : elle ne voulait pas voir la version Hollywood de cet événement, je voulais voir ce que l’industrie étasunienne en avait fait. J’y ai trouvé ce que j’en attendais.

Dès la bande-annonce j’ai craint l’héroïsation du soldat. Il l’est. Il n’y a pas que cela : il est aussi question dans le nouveau film de Clint Eastwood de voyage et d’amitié. Et avant d’être héroïsé comme soldat, on suit la volonté de servir d’un homme. Le scénario est hollywoodien en cela ; la réalisation est hollywoodienne dans les (rares) passages dans le train.
On pourra regretter l’insistance sur le fait que cet homme voulait sauver des vies. On pourra regretter que le soldat en tant que soldat apparaisse trop comme héros. Mais on ne peut pas le reprocher à un film hollywoodien : on s’y attend. À ce titre, et selon ses critères, le film est réussi.

La Dame de Rangoon et l’homme fort de Phnom Penh

La Dame de Rangoon et l’homme fort de Phnom Penh Longue vue vers l’Asie du Sud-Est Les media ont beaucoup parlé, entre la mi-septembre et début octobre 2017, d’une région généralement oubliée : l’Asie du Sud-Est, en particulier du Cambodge et … Lire la suite

BREVE cinéma | Le Jeune Karl Marx : la rencontre Marx-Engels

Marx-Engels : la rencontre


Cela ne dure que quelques secondes. C’est dans Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck. Ces quelques secondes sont cruciales ; pour le film (mais on n’attend guère de suspense d’un biopic), pour ce qu’elles « lancent », mais plus encore pour ce qu’elles montrent à penser.

Nous sommes au début du film. Karl Marx (August Diehl) est arrivé depuis peu à Paris, Friedrich Engels (Stefan Konarske) a momentanément quitté Leeds. Les deux jeunes hommes se sont déjà croisés, mais surtout lus.

Ce qui les lie, c’est une animosité réciproque. Un homme aussi les lie : Ruge, éditeur et mauvais payeur. Ruge, qui s’absente quelques instants et les laisse seuls dans son salon parisien. Le spectateur attend le pire de cette confrontation Lire la suite

Retrouvez-moi dans Moto Journal

Sous le titre « L’Hubertéchérie de la quinzaine » (le magazine est bimensuel), vous trouverez dans le numéro 2206 (daté du 26 avril 2017) de Moto Journal mon premier article écrit dans la veine motarde. J’y présente ma position sur le permis gros cube, râle (un peu), m’enthousiasme (un peu plus), fais de la publicité gratuite et ce n’est que ma première contribution : d’autres sont prêtes à rejoindre celle-là dans les prochains numéros !

 

Nouveau : mon compte Instagram

Il y a quelques semaines, j’ai ouvert un compte Instagram appelé Street_Litt (aucun nom en français n’était disponible).

Son principe est simple : j’y publie des clichés représentant la littérature sous différentes formes telle qu’on peut la voir dans la rue, sans forcément y prêter attention, accompagnés de commentaires.

N’hésitez pas à rejoindre les rangs de mes abonnés, à aimer les clichés qui vous plaisent, à les commenter et bien sûr à diffuser l’information.

Cliquez ici pour accéder à la page.

 

Phnom Penh culture : la culture dans la capitale du Cambodge

La charité bien ordonnée commençant par soi-même, j’ai le plaisir de vous annoncer la publication d’une nouvelle page : Phnom Penh culture. J’y recense, avec illustrations, les principaux attraits culturels de la capitale du royaume du Cambodge. Pour tout lire, … Lire la suite

Parler ensemble sans parler la même langue

EDIT, NOVEMBRE 2016 : Cet article a été publié dans la belle et riche revue littéraire Le Traversier numéro 20, livraison de novembre 2016. Pour soutenir la création littéraire contemporaine, je ne peux que vous inviter à vous y abonner.


Qui, voyageant dans un pays dont il ne maîtrisait pas la langue, n’a jamais expérimenté la difficulté de communiquer ? Je ne parle pas de grandes et longues conversations, mais d’un échange minimal. Actuellement en séjour à l’étranger, je vois un enfant s’essayer au plongeon dans la piscine de l’hôtel. Cette image en appelle une autre, un souvenir de moi âgé de onze ans. J’étais, déjà, à l’étranger – mais de l’autre côté du monde, par rapport à la France. À l’époque, c’était moi qui tentais de trouver la formule pour éviter le « plat » douloureux ou la « bombe » aspergeante. Je me souviens qu’alors un Cubain, puisque c’était à Cuba, s’est approché de moi au bord de la piscine.

Phnom Penh, juillet 2016

Phnom Penh, juillet 2016

 

Sa leçon s’est passée de mots : depuis le rebord il m’a montré la position et l’impulsion à donner à mon corps pour bien plonger, avant de me faire une démonstration et de m’inviter à l’imiter pour m’aider à m’améliorer. Depuis je me suis fait une raison : je ne sais pas plonger, alors pour dissimuler cette infirmité je tâche d’entrer avec élégance dans l’eau, marche après marche. Lire la suite