BRÈVE Cinéma | Le 15h17 pour Paris


J’ai trouvé dans Le 15h17 pour Paris ce que j’y cherchais, ce que j’en attendais. Nous n’étions pas d’accord avec C… : elle ne voulait pas voir la version Hollywood de cet événement, je voulais voir ce que l’industrie étasunienne en avait fait. J’y ai trouvé ce que j’en attendais.

Dès la bande-annonce j’ai craint l’héroïsation du soldat. Il l’est. Il n’y a pas que cela : il est aussi question dans le nouveau film de Clint Eastwood de voyage et d’amitié. Et avant d’être héroïsé comme soldat, on suit la volonté de servir d’un homme. Le scénario est hollywoodien en cela ; la réalisation est hollywoodienne dans les (rares) passages dans le train.
On pourra regretter l’insistance sur le fait que cet homme voulait sauver des vies. On pourra regretter que le soldat en tant que soldat apparaisse trop comme héros. Mais on ne peut pas le reprocher à un film hollywoodien : on s’y attend. À ce titre, et selon ses critères, le film est réussi.
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BRÈVE Cinéma – La Bombe et nous : la scission atomique


Des livres sur le sujet, des films sur le sujet, des pièces de théâtre sur le sujet, des conversations sur le sujets, des larmes sur le sujet, j’en ai lus, j’en ai vus, j’en ai eues, j’en ai versées – « mais que peut faire d’autre un touriste que, justement, pleurer ? »

Je peux donc le dire : un documentaire essentiel vient de sortir au cinéma. Réalisé par Xavier-Marie Bonnot, produit et distribué par Direction Humaine des Ressources (DHR), il est intitulé La Bombe et nous. L’affiche est humble, se contenant de mentionner : « L’Arme atomique aujourd’hui ».

Ce film va beaucoup plus loin. En soixante-dix minutes, ce documentaire est peut-être le plus complet sur ce sujet. Qu’il prenne parti, oui – mais comment faire autrement ? Cependant il n’est pas militant et donne la parole aux pro comme aux anti. Qu’à ce titre il puisse paraître polarisé, certes – mais cela permet de mieux comprendre les deux positions. Que les voix soient majoritairement occidentales, certes à nouveau – mais ne sont-ce pas les nôtres ? Qu’il soit complet, c’est indéniable. Lire la suite

BRÈVE cinéma | Numéro une : le pouvoir sans conteste

Attention : cet article contient des révélations sur l’intrigue.


Le nouveau film de Tonie Marshall, Numéro une, prend pour objet l’accession à la tête d’une grande entreprise une femme. Certains de ses thèmes sont particulièrement bien traités ; ainsi du groupe d’influence féministe accompagnant, pour ne pas dire guidant, le personnage d’Emmanuelle Blachey (Emmanuelle Devos) vers son accession au pouvoir. Les dénonciateurs de ces groupes sont Lire la suite

BRÈVE cinéma | L’Atelier

BRÈVE cinéma | L’Atelier

Attention : cet article contient des révélations sur l’intrigue.

L’Atelier, de Laurent Cantet, est un film décevant pour l’écrivain, professeur de Lettres et ancien animateur d’ateliers d’écriture que je suis. Je compte pour rien le manque criant du moindre bon sens pédagogique de la part d’Olivia (Marine Foïs), pour ceux qui considéreraient son personnage comme un écrivain avant celui d’animatrice d’ateliers d’écriture.

Le plus beau passage du film Lire la suite

BREVE cinéma | Le Jeune Karl Marx : la rencontre Marx-Engels

Marx-Engels : la rencontre


Cela ne dure que quelques secondes. C’est dans Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck. Ces quelques secondes sont cruciales ; pour le film (mais on n’attend guère de suspense d’un biopic), pour ce qu’elles « lancent », mais plus encore pour ce qu’elles montrent à penser.

Nous sommes au début du film. Karl Marx (August Diehl) est arrivé depuis peu à Paris, Friedrich Engels (Stefan Konarske) a momentanément quitté Leeds. Les deux jeunes hommes se sont déjà croisés, mais surtout lus.

Ce qui les lie, c’est une animosité réciproque. Un homme aussi les lie : Ruge, éditeur et mauvais payeur. Ruge, qui s’absente quelques instants et les laisse seuls dans son salon parisien. Le spectateur attend le pire de cette confrontation Lire la suite

Diderot au Théâtre de l’Ile Saint Louis

Affiche entretien d'un philosophe avec la maréchale de Denis Diderot pièce de théâtre de l'île saint louis Paris 4eAu début de l’année, Rémy Oppert présentait au Théâtre du Nord-Ouest son adaptation et sa mise en scène  d’un texte de Denis Diderot. Il s’agissait alors d’une création. Mais à partir du 12 novembre, cette pièce sera reprise au Théâtre de l’île Saint Louis (75004). Si vous l’avez ratée la première fois ou voulez la revoir, n’hésitez plus ! J’en profite pour republier ici une critique que j’avais signée pour les Feuillets de Nomenculture. Lire la suite

Le livre pour réussir son mémoire de Master

« Le guide méthodologique pour tous ceux qui n’achètent pas de guides méthodologiques », annonce fièrement la quatrième de couverture. Et il est vrai que Le mémoire de master vite fait bien fait est tout à fait ce genre d’ouvrages. Écrit par Nicolas Beretti et préfacé par Gauthier Picquart, fondateur de Rue du Commerce, ce livre arrive à point nommé pour tous les étudiants ayant à écrire un mémoire.

C’est rien moins qu’une nouvelle façon de Lire la suite

Exposition « Hugo Politique » à la Maison de Victor Hugo

affiche-hugo-politiqueS’il est une place du quartier de l’Arsenal que chacun connaît, c’est bien la place des Vosges. S’il est un musée que chacun y connaît, c’est bien la maison de Victor Hugo. Maison qui accueille, jusqu’au 25 août, l’exposition « Hugo politique ».

On y suit une double chronologie : l’une historique (de Bonaparte plébiscité consul à vie à la loi sur l’enseignement primaire laïque et obligatoire), l’autre biographique (de la naissance à la mort de Hugo). À travers quatre Lire la suite

Toucher Nathalie Sarraute – rencontre avec Nathalie de Courson

Dans La peau de maman, un essai publié chez l’Harmattan, Nathalie de Courson propose une lecture originale de l’œuvre de Nathalie Sarraute (1901-1999), en s’attachant à la peau et au toucher maternels.

itw de Courson ILLUMa première question n’est pas originale, mais elle est indispensable : pourquoi Nathalie Sarraute et pourquoi « la peau » ? Lire la suite